Journée Mondiale des Troubles Bipolaires – Coming Out de ma Bipolarité

Le 30 Mars était la 3ème Journée Mondiale des Troubles Bipolaire, je comptais aborder le sujet plus tard, mais finalement autant profiter de cet évènement pour vous révéler ma Bipolarité. Je ne compte pas vous faire un cours sur la bipolarité, plusieurs sites sont parfait pour cela, j’utilise cette occasion principalement pour vous faire part de mon histoire. Avant de commencer je tiens à préciser que si je partage tout cela, ce n’est en aucun cas pour attirer votre attention ou quelconque pitié envers moi.

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La définition du bipolaire en quelques mots :
« La maladie bipolaire est une psychose de la personne maniaco-dépressif, alternant entre phase maniaque et dépressive . Les troubles de l’humeur ont différents symptômes bipolaire et types . » (Le Bipolaire)

Il y a bientôt 1 an, quelques mois après mon accouchement,  j’ai été diagnostiqué bipolaire de type 2 avec un trouble de la personnalité narcissique (cela ne veut pas forcement dire que je m’aime). Dépendant de mon environnement ma phase dépressive peut être plus longue que ma phase d’hypomanie. Pourquoi de type 2 ? Et bien, j’alterne les phases de dépressions et d’hypomanies, c’est à dire :

Que lors de mes phases de hypomanies, je suis hyperactive, je déborde d’énergie, je me programme beaucoup de choses à faire, j’ai pleins d’envies, je suis créative, j’ai des insomnies, je suis optimiste, je parle beaucoup et très vite, j’ai une grande confiance en moi.

Et lors de mes dépressions, je suis mélancolique, fatiguée, insomniaque, colérique, triste, j’ai également des pensées suicidaires où je visualise ma mort.

Mon trouble de la personnalité narcissique rajoute à cela que je manque d’empathie envers les autres, j’ai parfois trop confiance en moi, je suis persuadée d’être en mesure de tout faire, que se soit dans la vie privée ou professionnelle. En tout cas ce sont les seuls choses où effectivement je me reconnais parce que le reste des « symptômes » je n’ai pas l’impression que cela me correspondent, après peut être que justement mon coté narcissique m’empêche de l’admettre ? Par exemple je ne suis pas du tout manipulatrice, je ne pense pas être arrogante et je ne ressens pas le besoin d’être admirée, alors oui c’est toujours plaisant de recevoir des compliments, mais je ne suis en aucun cas en quêtes de compliments. Je ne me fis qu’à ma propre opinion généralement.
Houla… Je sens que je vais passer pour un horrible personnage… Mais que je me défende ou non on va dira que c’est parce que je suis narcissique…N’est ce pas ?
Dans mon cas je pense que c’est un moyen de défense car depuis que je suis enfant l’on m’a toujours demandé de viser très haut, tout ce que je faisais n’étais jamais assez suffisant, ajoutez à cela les différents évènements de la vie. Tout cela à donné ce que je suis aujourd’hui.

Je vous rassure j’ai une vie sociale, avec des gens qui je pense m’apprécient pour ce que je suis, je suis à l’écoute, je propose mon aide quand je peux, j’ai le sens de l’humour, je suis taquine, je suis ouverte d’esprit, etc.

Comme la majorité des bipolaires (je pense), j’adore quand je suis en phase d’hypomanie, j’ai l’impression d’être vraiment moi, je ne reste pas en place, je suis euphorique, j’ai envie de faire beaucoup, voir trop de choses, mes plannings débordent, j’oublie de manger, je suis optimiste pour tout et pour tout le monde, j’encourage, j’ai toujours pleins d’idées, je suis enthousiaste à tout ce que l’on me dit, j’ai envie de changement ou de voyager, etc…

En phase dépressive, extérieurement je ne laisse rien paraître, je reste enthousiaste, souriante, optimiste, dynamique, impliquée, etc. Cela me permet d’éviter de devoir raconter tout mes tracas, d’autant plus que cela n’intéresse pas la majorité des gens qui vous le demandent (et c’est moi qui manque d’empathie ?). Et plus on dévie la discussion vers l’autre plus l’on se fait oublier. Cela fait plus de 10 ans que je porte différents masques, à force l’on finit par devenir bonne comédienne, plus besoin de Cours Florent. A l’époque, je ne savais pas que j’étais bipolaire et je devais apprendre à vivre avec ce mal qui me suivait et qui s’accentuait mois après mois.
Je ne vous cache pas que parfois c’est difficile de continuer de faire semblant mais bon je fais avec.

Quand je finis par me confier c’est rare qu’on l’on me prenne au sérieux même ma psy pensait que j’en faisait trop, il a fallu que je craque devant elle pour qu’elle finissent par me croire. Je suis persuadée que mon entourage pense que ma vie n’est pas à plaindre et que je suis heureuse. (Alors oui par rapport à d’autres personnes sur cette planète, effectivement je ne suis pas à me plaindre). Mais cependant, il n’est en rien agréable de pleurer matin, midi et soir, de se sentir inutile, seule, incomprise, d’avoir la boule au ventre, de rester dans son lit toute la journée coupé du monde (je l’appelle mon cercueil, le lieu ou je peux me « Reposer En Paix »), ou encore de ressentir ce besoin de mourir. Durant les phases de dépressions, il est difficile de visualiser sa douleur de manière objective par rapport au monde, je me sens seule, incomprise, je ne comprends pas l’intérêt de mes amis envers moi, je n’ai pas forcément envie de mourir mais j’ai envie d’en finir avec la vie (Je sais, je me répète beaucoup).

Le suicide n’est pas pris au sérieux, les gens pensent qu’il n’y a que les lâches qui en parlent sinon ils seraient déjà passés à l’acte… Alala détrompez vous ! Des tentatives de suicides il y a ! Pour ma part j’y ai déjà longuement réfléchi, je sais où et comment je souhaiterai mettrai fin à jour, ce qui me retiens aujourd’hui ? C’est ma fille.

Ne pensez pas que je reste là à regarder le Soleil se lever et se coucher (même si c’est un magnifique tableau). C’est surtout une boucle sans fin dans mon cas. Je fais tout pour m’en sortir mais rien n’y fait et depuis que l’on m’a diagnostiqué cette maladie, je comprends beaucoup de choses concernant mes choix ainsi mes actions passés. Et ce n’est que maintenant que je suis sous traitement et suivis que j’y vois un peu plus clair sur un potentiel avenir.

Les conséquences (dans mon cas) :

  • Les achats compulsifs : Lorsque que les gens viennent chez moi ils sont stupéfait de tout ce que je collectionne et me disent majoritairement « Ça fait Beaucoup d’argent dépensé dit donc ! », « Comment as tu pu te procurer autant de choses », « Tu stock beaucoup de choses ! » j’ai envie de dire que chacun est libre de dépenser son argent comme il l’entend et que chacun est libre de choisir ses passions, ses loisirs, son échappatoire.
    Savez vous en combien de temps est ce que j’ai cumulé tout ça? Et est ce que vous connaissez les circonstances qui font qu’aujourd’hui j’ai acquis autant de choses ? Et à quel prix ? Alors non je suis loin de gagner plus que vous.
    Je suis une acheteuse compulsive et dès que j’allais bien ou mal  je dépensais ! Et je me suis littéralement endettée, aujourd’hui ça va mieux je me contrôle mais ce n’est pas tout les jours facile. Mon entourage voit de grandes collections de Disney, de livres, de films et autres, moi je vois des objets qui m’apportent le bien être dont j’ai besoin quand ça ne va pas.
  • La Solitude : Je suis assez bien entourée par la famille et les amis, mais à part avec mon Monsieur et ma Psy, je n’ai personne à qui raconter tout mes maux. Sinon je passerait 2 semaines par mois à me plaindre de tout, et je pense que ce n’est agréable pour personne de devoir écouter quelqu’un qui va mal pendant 2 semaines non stop, donc généralement je prends sur moi et la réplique de Dany Boon fait échos dans ma tête « Je vais bien tout va bien ! Je ne vois pas pourquoi ! Pourquoi ça n’irai pas ! », bref je me cache encore une fois derrière un masque qui n’est pas le mien.
  • Les Insomnies : Je suis insomniaque depuis l’adolescence, je peux tenir une journée entière avec très peu de sommeil , tant que je suis occupée. Je peux cumuler plusieurs jours et m’écrouler en fin de semaine généralement; où je peux dormir toute la journée et me lever uniquement pour faire le stricte nécessaire. En soit je vis très bien mes insomnies quand j’ai la possibilité de m’occuper durant la nuit, je dirais même que j’adore vivre la nuit. En revanche quand ce sont des nuits où je suis obligée de dormir, où je ne peux rien faire au risque de réveiller ma fille ou Monsieur alors là, c’est la frustration totale ! Je regarde des séries ou je cogite dans le noir et c’est juste horrible. Mon dernier recours pour retrouver un rythme normal : les somnifères. Mais soit je ne le fait que par nécessité parce que cela me perturbe d’avantage d’avoir un rythme dit « normal » qu’inversé.
  • Ceux qui subissent : Les compagnons (s’il y en a un), ou la famille, je vois bien que Monsieur m’aime énormément, parce moi il y a longtemps que j’aurai abandonné le navire et ce n’est pas faute de lui avoir déjà suggéré l’idée. Moi de mon coté je ne peux pas le supporter, je trouve que nous devenons incompatible, mais nous gardons tout de même une très belle complicité.
    Il peut y avoir les amis, mais dans mon cas ils ont rarement affaire à mon vrai visage, ou du moins très rarement. Mais j’ai quand même tendance à les laisser de côté lorsque je suis en phase d’hypomanie.

Mon traitement :
Pour ma part l’on m’a prescrit du Dépakote, au début le dosage n’était pas suffisant et maintenant je pense qu’il est presque bon, j’ai toujours tendance à rechuter pour les même raison, mais à part cela je me sens mieux, je vois plus clair sur certaines choses, je pensais perdre mon hyponymie mais non elle est toujours présente et je pense que quand je n’aurai plus ce point noir qui me refait rechuter je pourrais profiter d’avantage de cette phase que j’aime tant.

En réalité je ne me considère pas comme malade, c’est Monsieur et la psy qui n’arrêtent pas de le mentionner : « C’est à cause de ta/votre maladie ». Mais non je ne suis pas malade, je suis juste mal câblée et parfois il y a des courts-circuits.
Je n’ai jamais eu la curiosité d’aller lire toutes informations sur les différents sites comme la fait Monsieur, en revanche je me suis procurée cet ouvrage « Je ne veux pas mourir mais en finir avec la vie » de Ann Heberlein. Je ne l’ai pas encore terminé, mais j’ai l’impression de me lire.

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En parallèle j’ai acheté celui ci à Monsieur « Vivre avec un Maniaco-Dépressif » de Christian Gay.

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Par la suite j’ai intégré un groupe de Bipote sur Facebook, et j’y ai trouvé ma place si on peut dire, je ne participe pas non plus énormément, mais cela faire du bien de se retrouver avec des personnes qui me comprennent. Quand l’un nous fait part de ses maux, nous sommes en mesure de lui apporter notre soutiens, nos conseils etc. Et je trouve ça top.

De très bon documentaire sont également disponible sur Youtube, il y en avait un qui était génial, mais actuellement il n’est plus disponible.

Pour terminer je partage avec vous une chanson de Keen’V – « Quand je cri à l’aide » qui résume assez bien l’état d’un bipolaire en phase dépressive.

Je vous partage également un article du blog Pépites que je viens de trouver et que j’ai trouvé intéressant, abordant le sujet « En Marge de la Journée Mondiale des Troubles Bipolaires« .

Quelques Célébrités Bipolaire :

Carrie Fisher, Mel Gibson, Marilyn Monroe, Demi Lovato, Edgar Allan Poe, Vincent Van Gogh, Jean-Claude Van Damme, Robin Williams, Amy Winehouse, Britney Spears, Linda Hamilton, Ben Stiller, Jim Carrey, Catherine Zeta-Jones, etc … et la liste est longue.

Et vous êtes vous bipolaire ? Ou en connaissez vous ?

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6 commentaires sur « Journée Mondiale des Troubles Bipolaires – Coming Out de ma Bipolarité »

  1. Ton article m’a directement fait tilt quand j’ai vu le titre. Demain, j’en sors un sur la bipolarité moi aussi. Je voulais en parler depuis un moment, mais j’avais peur. Je ne suis pas bipolaire, ma maman si. Tu me fais penser à elle dans tes mots…un jour elle a acheté une gazinière à plus de 1000 euros, s’en suit des dizaines de paires de chaussures, alors qu’on avait pas d’argent. Elle a fait plusieurs tentatives de suicide mais je ne lui en ai jamais voulu, elle n’était pas méchante et ne voulait pas nous faire de mal, c’était sa maladie…Elle se renfermée sur elle-même et n’avait pas de vie sociale, mais elle ne voulait pas spécialement en avoir une. Elle disait qu’elle aimait pas les gens. Elle a été interné plusieurs fois en hôpital psychiatrique. C’était dure pour nous, on était petit et la sortie de la semaine c’était « Ouuui on va voir maman à l’hôpital ». Elle menacé mon père pendant ses crises, puis suite à sa prise de cachets en masse, elle ne se souvenait plus de rien. La bipolarité de ma maman n’a pas été traitée assez tôt, alors elle c’est empiré. J’espère que tu aura la jolie vie que tu veux avoir malgrès ça parce que tu le mérites, moi ma maman est aujourd’hui décédée et elle n’a malheureusement pas eu la chance d’essayer de mener une vie normal… tu es très courageuse d’en parler comme ça, et je te remercie pour cet article. Désolée j’ai un peu déballée ma vie mais tu m’as inspiré ^^. Je t’embrasse. Lisa.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire !
      Ca me fait vraiment plaisir d’avoir ton témoignage.
      Je comprends que tu aies peur d’arborer le sujet, je eu la même hésitation et puis ça fait partie de moi donc autant en parler. Je suis désolée pour ta Maman, je la comprends que tu dis qu’elle n’aimaient pas les gens car généralement ce sont eux qui provoquent ces phases de dépression par leur paroles et leur actions, bien que ce ne soit pas agréable pour l’entourage au moins elle ne souffre plus et n’a plus l’impression d’être un fardeau même si elle n’en était pas responsable.
      Merci pour tes encouragements, tes mots m’ont touché. Je suis contente que mon article t’ai plu.
      Bisous

      J'aime

  2. Coucou !

    Je me reconnais tellement dans ton article … Ce malaise constant et difficile à expliquer à nos proches, ces « t’inquiètes chérie/Camille je sais que c’est la maladie … », toutes ces fois où l’on m’a dit que j’étais en crise alors que je ne me sentais pas du tout malade seulement dans mon monde ou incomprise …

    On m’a diagnostiqué bipolaire il y a 5 ans, suite à une batterie d’examens ils n’ont pas su me dire si c’était un syndrome de stress post traumatique ou si le traumatisme avait déclenché la maladie présente mais jusqu’aujourd’hui endormie …

    Merci pour cet article, je me sens moins seule !

    Camille

    Aimé par 1 personne

    1. C’est exactement cela, une fois que le diagnostique est posé nous n’existons plus, seule la maladie est responsable de tout nos faits et gestes
      Cela m’a fait très plaisir de lire ton commentaire ! Merci à toi également !

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